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Résidence

Dans le cadre d’un partenariat entre le Parc Saint Léger, Centre d’art contemporain Hors les murs et le Centre archéologique européen de Bibracte, l’artiste Nicolas Royer propose pour toute l’année 2009 une intervention in situ à Bibracte appelée For EVERGREEN Forest 1/1: 1/5.
Élément constitutif du paysage, la forêt est la matière première du projet d’intervention sur le site du musée de Bibracte. For EVERGREEN Forest 1/1: 1/5 doit être vue comme une image plus que comme une sculpture. Un conteneur maritime de marque EVERGREEN® est placé à une dizaine de mètres de la façade nord-est du bâtiment, à l’échelle 1/1, légèrement enterré dans la pente. Il est rempli de terre, deux sapins Douglas d’environ 6 mètres de hauteur sont plantés à l’intérieur. Une deuxième intervention à l’échelle 1/5 se situe à l’arrière du musée, dans les neuf alvéoles en béton conçus comme de petits théâtres extérieurs au sein même du bâtiment ; dans chaque alvéole, un douglas de taille plus modeste (1,5m) est planté dans un bac palettisable en plastique gris. Chaque conteneur est rehaussé par une structure légère en tubes d’acier pourvue d’un plancher en tôle, le tout surmonté d’une réglette d’éclairage au néon. L’ensemble du dispositif est issu de ce que l’artiste a pu constater sur le site, une panoplie de matériels et d’outils techniques utilisés par les archéologues sur le site de Bibracte.
Geste radical, l’intervention de l’artiste propose différentes lectures du milieu paysager et architectural où elle s’inscrit : regard critique sur une forêt imaginée à travers le spectre du romantisme, en référence à la peinture de Caspar David Friedrich; regard pragmatique sur une exploitation forestière gagnée par la mondialisation; clin d’oeil à la ville gauloise enfouie. Mais l’artiste n’en reste pas là. C’est aussi à un jeu de changement d’échelle qu’il nous invite et par un subtil travail de correspondances entre les espaces et les matériaux, il questionne lafonction même du musée. Agissant comme un révélateur, For EVERGREEN Forest 1/1: 1/5 nous rappelle que nous n’avons jamais fini de regarder…

Isabelle Reiher

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