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Artiste

Maison d’Art, Bernard Anthonioz – Nogent sur Marne

sur une proposition de Françoise Pétrovitch

du 5 juin au 19 juillet 2009


avec Agnès Aubagne, Michèle Cirès Brigand, Céline Duval, Jean Le Gac, Julie Ganzin, M.C Gayffier,
P.Nicolas Ledoux, Les Louises (Iris Levasseur – Olivier Passieux – Florence Raymond), Cécile Paris, Françoise Pétrovich, Guillaume Poulain, Annabela Tournon

« Ce thé est préparé soigneusement suivant une formule secrète traditionnelle et en collaboration avec des laboratoires spécialisés chinois, le thé « Kancura » est composé de thé Oolong de grande qualité et aromatisé de plantes naturelles chinoises. Le thé « Kancura » est spécialement conçu pour faciliter la digestion, Affiner la silhouette, apporter une apparence toujours plus embellie…
Sa consommation régulière garde un corps toujours en forme, mince et jeune… Le thé est une boisson reconnue pour sa grande saveur et pour ses pouvoirs spécifiques… Il a durant de nombreuses années fait ses preuves auprès des consommateurs à travers le monde. »

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Dans le cadre d’un partenariat entre le Parc Saint Léger, Centre d’art contemporain Hors les murs et le Centre archéologique européen de Bibracte, l’artiste Nicolas Royer propose pour toute l’année 2009 une intervention in situ à Bibracte appelée For EVERGREEN Forest 1/1: 1/5.
Élément constitutif du paysage, la forêt est la matière première du projet d’intervention sur le site du musée de Bibracte. For EVERGREEN Forest 1/1: 1/5 doit être vue comme une image plus que comme une sculpture. Un conteneur maritime de marque EVERGREEN® est placé à une dizaine de mètres de la façade nord-est du bâtiment, à l’échelle 1/1, légèrement enterré dans la pente. Il est rempli de terre, deux sapins Douglas d’environ 6 mètres de hauteur sont plantés à l’intérieur. Une deuxième intervention à l’échelle 1/5 se situe à l’arrière du musée, dans les neuf alvéoles en béton conçus comme de petits théâtres extérieurs au sein même du bâtiment ; dans chaque alvéole, un douglas de taille plus modeste (1,5m) est planté dans un bac palettisable en plastique gris. Chaque conteneur est rehaussé par une structure légère en tubes d’acier pourvue d’un plancher en tôle, le tout surmonté d’une réglette d’éclairage au néon. L’ensemble du dispositif est issu de ce que l’artiste a pu constater sur le site, une panoplie de matériels et d’outils techniques utilisés par les archéologues sur le site de Bibracte.
Geste radical, l’intervention de l’artiste propose différentes lectures du milieu paysager et architectural où elle s’inscrit : regard critique sur une forêt imaginée à travers le spectre du romantisme, en référence à la peinture de Caspar David Friedrich; regard pragmatique sur une exploitation forestière gagnée par la mondialisation; clin d’oeil à la ville gauloise enfouie. Mais l’artiste n’en reste pas là. C’est aussi à un jeu de changement d’échelle qu’il nous invite et par un subtil travail de correspondances entre les espaces et les matériaux, il questionne lafonction même du musée. Agissant comme un révélateur, For EVERGREEN Forest 1/1: 1/5 nous rappelle que nous n’avons jamais fini de regarder…

Isabelle Reiher

Galerie de l’Ancien Collège, Ecole d’Arts Plastiques, Châtellerault

Du 26 septembre au 24 octobre 2008

Peindre tue, en collaboration avec Yves Duranthon, 2008. Impression offset recto/verso sur papier couché demi-mat 350 g, tirage 500 ex

Dans le monde en 2008, la peinture artistique est la première cause de décès évitables. Avec 5 mil-
lions de morts par an imputables à l’acte de peindre, aucune autre activité n’est plus dangereuse, ni
ne tue autant selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Cela correspond à 62 décès pour 400 000
personnes, 1 décès toutes les deux secondes, 140 millions de décès pour la seule seconde moitié du
XXe siècle. La peinture est aussi la cause d’au moins 25 pathologies connues. On estime à près de
15 % les cas de cancers qui y sont directement ou indirectement liés.

La peinture est à l’origine du décès de 21 français par jour (8 000 par an). Un peintre sur deux ne
dépasse pas les 55 ans, ce qui est bien inférieur à l’espérance de vie.

L’OMS estime que si cette activité artistique poursuit ses tendances actuelles, elle sera la cause de
dix millions de morts par an, principalement dans les pays en développement.

Aux États-Unis, 5,8 % de la population peint en 2007. On constate une augmentation de la pro-
portion de peintres qui était de 4,9 % en 2003. Parmi les jeunes, 4,2 % des lycéens et 3,5 % des
collégiens peignaient en 2004. Selon une étude officielle, la peinture chez les jeunes est responsable
de près de 360 000 décès annuels. Le coût a été estimé, à la fin des années 1990, à près de 114 mil-
liards de dollars (prise en charge médicale) et à 245 milliards de dollars (en perte de productivité).

Dans les pays islamiques, peindre est déconseillé voire interdit selon les avis des oulémas : ces
derniers comparent les aspects inutiles et dangereux de la peinture à la consommation de boissons
alcoolisées ou au tabagisme. De nombreux musulmans peignent toutefois et exposent aux abords
de la Grande Mosquée de Paris : ceci peut être interprété comme un signe d’ouverture sociale dans
un monde qui devient de moins en moins tolérant.

Peindre provoque un effet psychoactif de stimulation cérébrale et simultanément de légère relaxa-
tion physique. L’accoutumance du système nerveux central au geste est très rapide : quelques
touches sur une toile peuvent suffire à entraîner une dépendance physique, puis ultérieurement
psychologique. Le pinceau, longtemps considéré comme principal responsable, crée en fait une ad-
diction qui n’est pas ressentie physiologiquement. Des additifs sont glissés par les fabricants dans
les poils de martre dans le but de faciliter les premiers usages puis d’intensifier la dépendance des
artistes. L’impression de manque, au réveil notamment, peut se manifester par des troubles de la
concentration, de l’irritabilité.

Peindre pendant la grossesse favorise la survenue de malformations chez le bébé, montre une en-
quête portant sur près de 15 millions de dossiers, menée par le National Center for Health Statistics.
Même une faible activité (de 3 ou 4 tableaux par an) accroîtrait le risque.

Des campagnes d’information sont relayées par les médias de façon régulière. Des films sur Picasso,
Jackson Pollock ou Jean-Michel Basquiat sont des œuvres militantes dans la dénonciation de prati-
ques du monde de l’art à la limite de la légalité. Un texte célèbre « PEINDRE TUE » vise par exemple
à dissuader toute tentative de peindre.

Cette activité recule dans les pays développés grâce à des décisions socio-politiques, par l’accrois-
sement des prix de vente et des taxes sur les tableaux et par des campagnes de communication.
Progressivement les pays occidentaux se dotent d’une réglementation interdisant d’exposer dans
des lieux publics ou privés (galeries, musées, centres d’art…)

En France, les dispositions en vigueur (2 août 2008) se trouvent actuellement codifiées dans le Code
de la Santé Publique, Livre IV, Titre Ier : Lutte contre la peinture (articles L2411 et L3505), articles
R321 et R39852, D3571-14 et D352547-15.

Yves Duranthon, septembre 2008